Environnement
Les granulés de bois et nos forêts
Les granulés de bois et nos forêts
L’Office national des forêts (ONF), qui gère aujourd’hui 4,6 millions d’hectares de forêts publiques, est le premier vendeur de bois non transformé sur le marché français,… L’énergie bois provient de peuplements gérés durablement, dont une grande majorité bénéficie d’une certification PEFC, complétée par la certification environnementale ISO 14001 de l’ONF pour les forêts publiques. Pour garantir une gestion durable des forêts, l’ONF pense que le développement de la filière bois énergie doit impliqué fortement les forestiers.

Forêt - Crédit photo : Alain BLumet / Jean-Marc Péchet / ONF
Met-on en danger la forêt française en l’exploitant pour l’énergie bois ?
Jusqu’à présent, les bois utilisés en France à des fins énergétiques sont des bois issus de forêts françaises, l’importation de bois de chauffage restant un phénomène limité.
De fait, l’énergie bois provient de peuplements gérés durablement, dont une grande majorité bénéficie d’une certification PEFC, complétée par la certification environnementale ISO 14001 de l’ONF pour les forêts publiques.

Façonnage - Crédit photo : Alain Blumet / Jean-Marc Péchet / ONF
Le bois récolté pour l’énergie concerne des bois de petit diamètre qui se décomposent vite et ne constituent donc pas des habitats remarquables pour les insectes et les oiseaux. Ceux-ci sont plutôt inféodés aux arbres morts, à cavités ou vieillissants que l’exploitation s’attache à conserver en certaine quantité sur les parcelles. Un certain volume de rémanents est laissé pour la litière afin de maintenir la microfaune et microflore liée au sol.
Par ailleurs, le prélèvement des rémanents contribue à la qualité paysagère des sous-bois, en y maintenant un aspect « naturellement jardiné » apprécié par le public.
Quels sont les liens entre forêts et granulés actuellement ?
La plupart des granulés produits actuellement recourent à de la sciure issue de la première transformation du bois. Cependant, ce marché de la sciure ne permettra pas d’alimenter toute la production de granulés en pleine croissance en France. Il faudra sans nul doute, comme c’est déjà prévu dans certaines unités, intégrer des broyats de bois issus directement de l’exploitation forestière.
Les bénéfices de l’énergie bois ne cachent-ils pas une forte consommation intermédiaire d’énergie fossile pour la mobilisation de la ressource ?
On reproche souvent aux biocarburants d’être très consommateurs en énergie fossile via la mécanisation agricole et l’usage d’engrais et de produits phytosanitaires. Ce n’est pas le cas pour l’énergie bois. En termes de bilan énergétique, il est estimé que l’approvisionnement en biomasse solide ne coûte selon les systèmes qu’entre 2 et 6% de l’énergie rendue disponible.
Quels sont les effets sur la fertilité des sols forestiers ?
Le cycle des minéraux entre le sol et la végétation est un aspect important de l’équilibre des écosystèmes forestiers. La biomasse en croissance prélève des éléments chimiques du sol, qui se lient au bois. Une partie de ces éléments retourne au sol par le feuillage qui tombe et une autre lorsque l’arbre meurt et se décompose.
Le sol s’acidifie ainsi pendant la période de croissance puis retrouve son acidité originelle lorsque la biomasse se décompose.
Ce cycle n’est pas tout à fait fermé puisque le lessivage des sols fait perdre des éléments, tandis que la désintégration des minéraux et les dépôts atmosphériques en font gagner. Lorsque le prélèvement de biomasse est excessif, le retour des minéraux vers le sol est interrompu et la perte qui s’ensuit peut dégrader la fertilité du sol, particulièrement lorsque le sol est déjà pauvre. D’un autre côté, le prélèvement des rémanents d’exploitation diminue le lessivage des nitrates, du calcium et du magnésium et réduit également l’eutrophisation de la végétation basse, ce qui facilite la régénération.
Comme le feuillage vert et les aiguilles contiennent en général une part importante des éléments minéraux, la perte de minéraux et l’acidification est nettement réduite si l’on prélève les rémanents secs après quelques semaines ou quelques mois plutôt que verts au moment de l’exploitation. Une autre piste se situe dans le retour des cendres en forêt après combustion du bois, de sorte que les éléments minéraux (sauf l’azote) retournent au sol forestier.

Gestion forestière - Crédit photo : Alain Blumet / Jean-Marc Péchet / ONF
En conclusion, le diagnostic sur la quantité de biomasse que l’on peut prélever durablement est à faire au cas par cas suivant les caractéristiques de la station, mais laisser les bouts de branches sur le sol forestier est suffisant dans la plupart des cas pour éviter les perturbations dommageables à la fertilité du sol.
Quelle est l’implication de l’ONF dans la production de granulés ?
Pour garantir une gestion durable des forêts, nous pensons que le développement de la filière bois énergie doit impliqué fortement les forestiers. L’Office national des forêts (ONF), qui gère aujourd’hui 4,6 millions d’hectares de forêts publiques, est le premier vendeur de bois non transformé sur le marché français, au profit des propriétaires qu’il représente, en terme de volume et de valeur. L’établissement gère les forêts domaniales qui sont toutes certifiées PEFC ainsi que les forêts communales (objectif de 75 % des surfaces certifiées en 2011). Ses prestations sont certifiées ISO 9001 et 14001.
A travers sa signature ONF Energie bois, l’ONF fédère actuellement deux producteurs de granulés bois Boi’sup et EO2. Au-delà d’un simple engagement autour d’une signature et de ses valeurs, l’ONF a fait le choix d’un investissement en capital, à travers sa filiale ONF Participations, pour renforcer la dimension industrielle de son projet, rendre concret son engagement et témoigner de sa confiance dans les projets de développement en énergie bois. Une démarche similaire est faite sur le bois buche
En effet, dans un secteur dominé par un morcellement des acteurs et une activité souvent desservie par des pratiques commerciales douteuses ou peu professionnelles et une image vieillotte, sa dimension fédérative et ses valeurs visent à un changement chez le consommateur de perception sur le bois comme énergie durable. L’objectif est de montrer la pertinence écologique, économique et sociale d’une solution de chauffage moderne et durable
La signature ONF Energie Bois
- La sécurité de l’approvisionnement en biomasse forestière dans les forêts publiques, notamment à travers la passation de contrats d’approvisionnements,
- La garantie de la gestion durable de la ressource forestière, certifiée par un tiers, avec la certification PEFC chaque fois que possible,
- La garantie de produits de qualité certifiés par des organismes extérieurs,
- Le souci de la prise en compte de l’impact environnemental dans les processus de production : procédés de fabrication, intégrant le recours à des énergies
renouvelables, développement de circuits courts et optimisés pour la livraison,…
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